- Vampire: n. m. ( De l'Allemand Vampyr). Mort qui, suivant la superstition populaire, sort du tombeau pour sucer le sang des vivants.
Le personnage du vampire, légendaire créature drapée de mystère qui s'éveille à la nuit tombée et se régénère en s'abreuvant du sang des mortels, hante notre monde imaginaire depuis bien des siècles. Mais il n'est pas né de notre seule imagination, sa légende prend racine dans d'innombrables récits et témoignages, superstitions et faits divers.
Depuis l'aube de l'humanité l'on peut retrouver à travers tous les pays les traces de ce que nous appelons des vampires, ou autres créatures similaires. Aucune terre, aucun temps et aucune société humaine ne fut épargné.
La crainte du vampire remonte aux terreurs nocturnes de l'âge des cavernes et du retour des morts malfaisants: c'est en leur honneur que l'on sacrifiait jadis les esclaves, les prisonniers, les veuves et les concubines.
L'arbre généalogique du vampire est relativement simple à remonter: d'après nos connaissances actuelles, les peuples assyriens et babyloniens furent les premiers en en faire mention. Dans l'ancien Empire Assyrien on se livrait à des incantations pour neutraliser les esprits maléfiques qui cherchaient à se nourrir de la chair des vivants.
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Le culte du vampirisme est évoqué dans l'Égypte ancienne, où le culte des morts imposait des cérémonies complexes au cours desquelles les prêtres vénéraient une divinité ayant pour forme un oiseau au plumage noir. Cet oiseau funeste symbolisait l'âme du défunt dans son voyage vers le royaume des ombres. Le mort, toujours actif, mais dans l'autre monde, pouvait à l'occasion revenir parmi les vivants pour les tourmenter ou les entraîner avec lui à tout jamais.
Une tradition remontant à l'Antiquité consistait à placer dans la tombe du défunt divers objets qui avaient pour fonction de combler les besoins de ce dernier et de lui ôter, par là même, toute envie de réclamer quoi que ce soit. Un peu partout dans le monde le mort partait avec des provisions de bouche car l'on croyait à une grande similitude entre le monde terrestre et celui des âmes. Cela évitait au cher disparu des fringales inopinées qui l'auraient poussé vers des retours en arrière indésirables. On lui fournissait donc des grains dans des bols et des boissons dans des jarres. Curieusement, on a souvent retrouvé dans des sépultures anciennes des graines de pavot, probablement pour leurs effets narcotiques, destinées à encourager le défunt à " dormir " plutôt qu'à revenir errer là où on le l'attendait plus.
Si, malgré toutes les précautions prises, un vampire rôdait dans les parages, il existait quelques recettes... souveraines, qui permettaient de se protéger d'un éventuelle agression. Diverses substances avaient la réputation d'être efficaces. Par exemple, l'ail était largement employé, car il était sensé être honni des vampires, qui lui auraient trouvé une odeur exécrable. Dans une maison, au moyen de chapelet d'ail, on pouvait fabriquer un véritable bouclier anti-vampires: on en mettait dans les tombes par mesure préventive, ou bien la famille du défunt en portait en sautoir ou en accrochait un peu partout dans les pièces, autour des fenêtres, des portes et au-dessus des lits. On en frottait les chambranles des ouvertures et même les animaux de ferme...Il faut noter que l'usage de l'ail était de toutes façons systématiquement adopté en cas d'épidémie, de quelque nature qu'elle fût: on en mangeait, on s'en faisait des colliers... Les propriétés antibiotiques de ce condiment sont reconnues, et, de tout temps, il a été recommandé en cuisine pour ses vertus médicinales.
Il existait de nombreuses similitudes entre la peste et le vampirisme, car celui-ci était réputé contagieux comme s'il se propageait par un virus; on pensait aussi que la mauvaise odeur, notamment l'odeur de la mort, était également cause de maladie (dont on ignorait les causes réelles). Les populations tentaient donc de s'en protéger en lui opposant d'autres parfums aussi corsés, qui devaient jouer le rôle d'antidote. L'ail faisait donc parti de cet arsenal, au même titre que l'aconit et bien d'autres simples, à ceci près que sa réputation médicale, déjà à cette époque, n'était pas usurpée. Les couteaux d'argent, glissés sous les matelas et les berceaux devaient renforcer la barrière. Rien dans les légendes ou le folklore ne laisse à penser que les population se servaient de crucifix afin de se prémunir des vampires.On pouvait parfois, si rien n'avait été efficace aller jusqu'à la solution extrême: tuer le vampire. En Russie et dans les pays baltes, par exemple, le seul bois qui convenait pour fabriquer un pieu digne de ce nom était le frêne, utilisé pour ses vertus magiques. En Silésie c'était le chêne, et en Serbie l'aubépine, en raison de sa structure épineuse. A défaut de pieu, on utilisait une dague en argent, bien que l'efficacité n'était pas aussi assurée. Un pieu planté dans le c½ur avec force et détermination restait la seule solution. Le gonflement des chairs dans la tombe, preuve de vampirisme, étant estimé comme une tentative de l'âme, ou de ce qui l'avait remplacée, pour s'échapper, on pouvait estimer que la trou provoqué par l'introduction d'un pieu dans la cage thoracique créerait une échappatoire possible. Et, de fait, les chasseurs de vampires pouvaient constater clairement que quelque chose s'échappait du cadavre à ce moment-là.
Outre le rituel du pieu, il existait une autre possibilité, qui consistait à arracher le coeur du vampire, à le brûler et à en disperser les cendres dans un cours d'eau vive. En dernier ressort, on pouvait même trancher la tête du présumé vampire, puis ensevelir son cadavre à un carrefour, remplir son cercueil de graines de pavot, ou user de tout autre charme... L'emploi de l'eau et du feu comme technique d'extermination fut fort apprécié pour son caractère radical. En France, on cite un exemple d'épidémie vampirique qui obligea le pape à venir bénir le Rhône, afin que les morts puissent y être jetés au cas où le cimetière se serait trop rapidement engorgé.
" S'il eut jamais au monde, disait Jean-Jacques Rousseau, une histoire garantie et prouvée, c'est celle des vampires; rien n'y manque: rapports officiels, témoignages de personnes de qualités de chirurgiens, de prêtres, de juges: l'évidence est complète. "
" La mort engendre la mort " exprime une très ancienne croyance populaire. L'homme moderne s'est éloigné depuis longtemps de ses profondes intuitions, ces abysses mystérieux et émotionnels de la connaissance qui se passe de la raison.
Le vampire lui, ancien ou moderne, prend justement naissance dans ces régions incertaines de l'inconscient, n'en exprimant que quelques vagues réminiscences, se faisant l'écho de nos propres peurs, de notre attrait singulier pour l'interdit, de notre fascination morbide, de notre désir intemporel de pouvoir et d'immortalité.
Je vous invite à un voyage, un voyage à la découverte de ces Démons qui nous hantent, du pays de la superstition et du folklore, à celui du fantastique, de l'imaginaire et du merveilleusement gothique.
Le personnage du vampire, légendaire créature drapée de mystère qui s'éveille à la nuit tombée et se régénère en s'abreuvant du sang des mortels, hante notre monde imaginaire depuis bien des siècles. Mais il n'est pas né de notre seule imagination, sa légende prend racine dans d'innombrables récits et témoignages, superstitions et faits divers.
Depuis l'aube de l'humanité l'on peut retrouver à travers tous les pays les traces de ce que nous appelons des vampires, ou autres créatures similaires. Aucune terre, aucun temps et aucune société humaine ne fut épargné.
La crainte du vampire remonte aux terreurs nocturnes de l'âge des cavernes et du retour des morts malfaisants: c'est en leur honneur que l'on sacrifiait jadis les esclaves, les prisonniers, les veuves et les concubines.
L'arbre généalogique du vampire est relativement simple à remonter: d'après nos connaissances actuelles, les peuples assyriens et babyloniens furent les premiers en en faire mention. Dans l'ancien Empire Assyrien on se livrait à des incantations pour neutraliser les esprits maléfiques qui cherchaient à se nourrir de la chair des vivants.
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Le culte du vampirisme est évoqué dans l'Égypte ancienne, où le culte des morts imposait des cérémonies complexes au cours desquelles les prêtres vénéraient une divinité ayant pour forme un oiseau au plumage noir. Cet oiseau funeste symbolisait l'âme du défunt dans son voyage vers le royaume des ombres. Le mort, toujours actif, mais dans l'autre monde, pouvait à l'occasion revenir parmi les vivants pour les tourmenter ou les entraîner avec lui à tout jamais.
Une tradition remontant à l'Antiquité consistait à placer dans la tombe du défunt divers objets qui avaient pour fonction de combler les besoins de ce dernier et de lui ôter, par là même, toute envie de réclamer quoi que ce soit. Un peu partout dans le monde le mort partait avec des provisions de bouche car l'on croyait à une grande similitude entre le monde terrestre et celui des âmes. Cela évitait au cher disparu des fringales inopinées qui l'auraient poussé vers des retours en arrière indésirables. On lui fournissait donc des grains dans des bols et des boissons dans des jarres. Curieusement, on a souvent retrouvé dans des sépultures anciennes des graines de pavot, probablement pour leurs effets narcotiques, destinées à encourager le défunt à " dormir " plutôt qu'à revenir errer là où on le l'attendait plus.
Si, malgré toutes les précautions prises, un vampire rôdait dans les parages, il existait quelques recettes... souveraines, qui permettaient de se protéger d'un éventuelle agression. Diverses substances avaient la réputation d'être efficaces. Par exemple, l'ail était largement employé, car il était sensé être honni des vampires, qui lui auraient trouvé une odeur exécrable. Dans une maison, au moyen de chapelet d'ail, on pouvait fabriquer un véritable bouclier anti-vampires: on en mettait dans les tombes par mesure préventive, ou bien la famille du défunt en portait en sautoir ou en accrochait un peu partout dans les pièces, autour des fenêtres, des portes et au-dessus des lits. On en frottait les chambranles des ouvertures et même les animaux de ferme...Il faut noter que l'usage de l'ail était de toutes façons systématiquement adopté en cas d'épidémie, de quelque nature qu'elle fût: on en mangeait, on s'en faisait des colliers... Les propriétés antibiotiques de ce condiment sont reconnues, et, de tout temps, il a été recommandé en cuisine pour ses vertus médicinales.
Il existait de nombreuses similitudes entre la peste et le vampirisme, car celui-ci était réputé contagieux comme s'il se propageait par un virus; on pensait aussi que la mauvaise odeur, notamment l'odeur de la mort, était également cause de maladie (dont on ignorait les causes réelles). Les populations tentaient donc de s'en protéger en lui opposant d'autres parfums aussi corsés, qui devaient jouer le rôle d'antidote. L'ail faisait donc parti de cet arsenal, au même titre que l'aconit et bien d'autres simples, à ceci près que sa réputation médicale, déjà à cette époque, n'était pas usurpée. Les couteaux d'argent, glissés sous les matelas et les berceaux devaient renforcer la barrière. Rien dans les légendes ou le folklore ne laisse à penser que les population se servaient de crucifix afin de se prémunir des vampires.On pouvait parfois, si rien n'avait été efficace aller jusqu'à la solution extrême: tuer le vampire. En Russie et dans les pays baltes, par exemple, le seul bois qui convenait pour fabriquer un pieu digne de ce nom était le frêne, utilisé pour ses vertus magiques. En Silésie c'était le chêne, et en Serbie l'aubépine, en raison de sa structure épineuse. A défaut de pieu, on utilisait une dague en argent, bien que l'efficacité n'était pas aussi assurée. Un pieu planté dans le c½ur avec force et détermination restait la seule solution. Le gonflement des chairs dans la tombe, preuve de vampirisme, étant estimé comme une tentative de l'âme, ou de ce qui l'avait remplacée, pour s'échapper, on pouvait estimer que la trou provoqué par l'introduction d'un pieu dans la cage thoracique créerait une échappatoire possible. Et, de fait, les chasseurs de vampires pouvaient constater clairement que quelque chose s'échappait du cadavre à ce moment-là.
Outre le rituel du pieu, il existait une autre possibilité, qui consistait à arracher le coeur du vampire, à le brûler et à en disperser les cendres dans un cours d'eau vive. En dernier ressort, on pouvait même trancher la tête du présumé vampire, puis ensevelir son cadavre à un carrefour, remplir son cercueil de graines de pavot, ou user de tout autre charme... L'emploi de l'eau et du feu comme technique d'extermination fut fort apprécié pour son caractère radical. En France, on cite un exemple d'épidémie vampirique qui obligea le pape à venir bénir le Rhône, afin que les morts puissent y être jetés au cas où le cimetière se serait trop rapidement engorgé.
" S'il eut jamais au monde, disait Jean-Jacques Rousseau, une histoire garantie et prouvée, c'est celle des vampires; rien n'y manque: rapports officiels, témoignages de personnes de qualités de chirurgiens, de prêtres, de juges: l'évidence est complète. "
" La mort engendre la mort " exprime une très ancienne croyance populaire. L'homme moderne s'est éloigné depuis longtemps de ses profondes intuitions, ces abysses mystérieux et émotionnels de la connaissance qui se passe de la raison.
Le vampire lui, ancien ou moderne, prend justement naissance dans ces régions incertaines de l'inconscient, n'en exprimant que quelques vagues réminiscences, se faisant l'écho de nos propres peurs, de notre attrait singulier pour l'interdit, de notre fascination morbide, de notre désir intemporel de pouvoir et d'immortalité.
Je vous invite à un voyage, un voyage à la découverte de ces Démons qui nous hantent, du pays de la superstition et du folklore, à celui du fantastique, de l'imaginaire et du merveilleusement gothique.




